Le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, Donald Trump s'est entretenu séparément par téléphone avec Vladimir Poutine puis Volodymyr Zelensky. Les deux conversations, consacrées à la guerre en Ukraine, interviennent à trois jours du sommet de l'Otan d'Ankara, où le président américain doit prolonger ces discussions avec son homologue ukrainien.
Deux appels le jour de la fête nationale américaine
Volodymyr Zelensky a indiqué avoir eu un « très bon » échange avec Donald Trump, au cours duquel les deux dirigeants ont abordé la situation sur le front et les efforts diplomatiques en cours. « Il existe une réelle perspective de mettre fin à cette guerre, et la détermination américaine sera décisive », a déclaré le président ukrainien, selon Le Kyiv Independent. Il a remercié Washington pour son soutien, « des Javelin aux Patriot », et précisé avoir convenu de poursuivre les discussions en personne lors du sommet de l'Otan. Les deux camps ont lié ces appels au 250e anniversaire des États-Unis.
L'échange avec Poutine, à l'initiative de Washington
La conversation entre Donald Trump et Vladimir Poutine a duré environ 85 minutes, selon le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, cité par l'agence RIA Novosti. Elle aurait été organisée à l'initiative de la Maison Blanche. Les deux présidents ont évoqué un « règlement » en Ukraine, en tenant compte de la participation prochaine de Donald Trump au sommet de l'Otan en Turquie, les 7 et 8 juillet. L'entretien a aussi porté sur l'Iran et le Moyen-Orient. Selon Iouri Ouchakov, Vladimir Poutine a invité le dirigeant américain à se rendre en Russie, les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner se disant prêts à retourner à Moscou.
Deux récits opposés sur l'état du front
Les deux appels ont mis en lumière des lectures inconciliables du champ de bataille. Vladimir Poutine a assuré que les forces russes « progressaient avec assurance » et a affirmé à Donald Trump avoir pris le contrôle de Kostiantynivka, dans l'oblast de Donetsk, le 3 juillet. Kiev conteste cette revendication : quelques heures plus tôt, Volodymyr Zelensky avait accusé le président russe de « mentir au monde et au président des États-Unis » sur la situation du front. Sur le terrain, l'armée russe n'a enregistré que de faibles avancées ces derniers mois, la densité des drones freinant les mouvements de véhicules lourds et infligeant de lourdes pertes aux deux camps, rapporte Hürriyet Daily News.
Une négociation toujours bloquée
Au-delà des symboles, la diplomatie reste à l'arrêt. Moscou continue d'exiger le retrait des forces ukrainiennes de l'ensemble de la région de Donetsk, une condition que Kiev rejette. En multipliant les contacts téléphoniques avant Ankara, Donald Trump se pose de nouveau en médiateur, sans qu'aucun cadre de cessez-le-feu ne se dessine. Ni la Russie ni l'Ukraine n'ont fait état d'un rapprochement sur le fond, et les échanges se limitent, pour l'heure, à une reprise du dialogue direct entre Washington et les deux capitales. Les appels croisés du 4 juillet relèvent d'abord d'une diplomatie d'affichage, chaque partie cherchant à peser sur la position américaine à la veille du sommet.
Le sommet d'Ankara en ligne de mire
Les délégations de 32 pays, dont celle des États-Unis, sont attendues à Ankara à partir du 7 juillet, rapporte Reuters via Al-Monitor. Donald Trump et Volodymyr Zelensky y ont prévu un entretien en face-à-face, prolongement direct de leur appel. Vladimir Poutine, dont le pays n'est pas membre de l'Alliance, n'y participera pas, mais son échange avec le président américain pèsera sur l'approche défendue par Washington. Le rendez-vous turc s'annonce comme le premier test concret de la volonté affichée de mettre fin au conflit.



