Ce que contient la notification
Le département d'État américain a annoncé le 17 septembre 2026 avoir approuvé la vente possible de 48 chasseurs F-35 Lightning II à l'Arabie saoudite, pour un montant estimé à 24,3 milliards de dollars. Selon Breaking Defense, la notification transmise au Congrès porte sur la version F-35A à décollage conventionnel, accompagnée de 49 moteurs F135 de Pratt & Whitney, du soutien logistique et de la formation. Aucun armement n'est inclus, précise Janes. Les élus disposent désormais d'un délai de trente jours pour s'opposer à la transaction, dont les quantités et le prix restent susceptibles d'évoluer pendant la négociation du contrat.
Une promesse de Donald Trump vieille de dix mois
Ce feu vert concrétise une annonce faite par Donald Trump en novembre 2025, à la veille de la visite à Washington du prince héritier Mohammed ben Salmane, six mois après un engagement d'achat saoudien de 142 milliards de dollars d'équipements américains. D'après Meta-Defense, le dossier avait été soumis aux commissions du Congrès dès juin 2026 pour un examen informel. Il s'inscrit dans une série de ventes récentes à Riyad, dont plus de 10 000 bombes pour 5 milliards de dollars au début du mois et 60 moteurs de char pour 750 millions.
Israël, le Congrès et le risque chinois
Jusqu'ici, Washington réservait le F-35 à ses alliés les plus proches, dont plusieurs membres européens de l'OTAN et Israël, seul opérateur de l'appareil au Moyen-Orient. La Turquie en avait été exclue en 2019 après l'achat du système russe S-400. La loi américaine impose de préserver la supériorité militaire qualitative d'Israël, et le département d'État affirme que la vente « ne modifiera pas l'équilibre militaire dans la région ». Une seconde réserve vient du renseignement américain. Selon le New York Times, cité par Al-Monitor, des analystes redoutent que Pékin accède à la technologie de l'avion via ses partenariats avec Riyad. Le représentant démocrate Raja Krishnamoorthi juge que le contrat mettrait « les joyaux de la technologie militaire américaine à portée du Parti communiste chinois ». Meta-Defense rappelle qu'une inquiétude comparable, liée aux équipements Huawei et ZTE, avait fait dérailler en 2021 la vente de F-35 aux Émirats arabes unis.
Riyad sous les frappes de Téhéran et des Houthis
L'annonce intervient alors que le royaume est directement exposé. Depuis le début de la guerre menée contre l'Iran par les États-Unis et Israël le 28 février 2026, l'Arabie saoudite a été visée à plusieurs reprises par des drones et des missiles iraniens, rapporte Al-Monitor, et le conflit avec les Houthis du Yémen a repris en juillet, avec un blocus maritime déclaré par les rebelles. Un groupe militaire américain apporte depuis peu un appui en renseignement et en planification aux forces saoudiennes, selon un responsable cité par le même média. Dans ce contexte, le F-35 apparaît autant comme un instrument de défense aérienne que comme un rappel de la dépendance de Riyad envers son fournisseur américain.
Un feu vert qui ne vaut pas commande
Une notification au Congrès n'est pas un contrat signé. Janes souligne que la force aérienne saoudienne mène en parallèle une compétition pour une cinquantaine d'appareils, où s'affrontent le Rafale de Dassault, le F-15EX de Boeing et l'Eurofighter Typhoon, et que l'autorisation du F-35 ne signifie pas que ce dernier a été retenu. Riyad exploite déjà plus de 80 F-15SA, 72 Typhoon et près de 80 Tornado, selon les décomptes de Janes et de The War Zone. Selon Breaking Defense, une entrée saoudienne ferait du royaume le premier pays arabe dans un club de vingt pays clients. Reste à savoir si le Congrès laissera passer le délai, et si Riyad, qui cultive aussi ses options turque, pakistanaise et chinoise, transformera cette ouverture en commande ferme.



