L'Ukraine et la Suède ont signé le 30 juin 2026 un accord portant sur seize avions de combat Gripen E, en présence du président Volodymyr Zelensky et du Premier ministre suédois Ulf Kristersson. Évalué à 24,6 milliards de couronnes, soit environ 2,2 milliards d'euros selon Opex360, le contrat s'accompagne d'une cession de seize Gripen C/D d'occasion, attendus dès 2027. La montée en puissance s'étalera jusqu'au tournant de la décennie.
Un contrat en deux temps
Selon Meta-Defense, l'accord distingue deux phases. La première porte sur seize Gripen C/D prélevés sur la flotte suédoise et cédés à titre gracieux, dont la livraison est annoncée pour le début de 2027. La seconde concerne seize Gripen E neufs, commandés par l'intermédiaire de l'Administration suédoise du matériel de défense (FMV) auprès de Saab, avec des livraisons prévues entre 2029 et 2030. Le constructeur évalue cette part neuve à 2,54 milliards de dollars, financée via des lignes de crédit de l'Union européenne, un chiffre qui diffère légèrement de l'estimation en euros avancée côté suédois.
Pourquoi le Gripen
Depuis le début de l'invasion russe, le chasseur suédois passe pour l'appareil le mieux adapté aux besoins de l'armée de l'air ukrainienne. Conçu pour opérer depuis des pistes courtes ou des tronçons d'autoroute, il autorise des opérations dispersées qui limitent l'exposition aux frappes de missiles, rappelle Opex360. Sa maintenance réputée légère et ses coûts d'exploitation contenus pèsent dans un conflit prolongé. Le Gripen E ajoute un radar amélioré, une guerre électronique renforcée et l'emport de munitions complexes comme le missile air-air longue portée Meteor, un atout mis en avant par le ministre ukrainien Mykhailo Fedorov.
D'une lettre d'intention à la commande
L'accord concrétise une démarche engagée fin octobre 2025, quand Kiev avait signé une lettre d'intention pour cent à cent cinquante Gripen, avant d'en faire autant avec la France pour une centaine de Rafale. Le financement reposait sur un prêt européen de 90 milliards d'euros, un temps bloqué par la Hongrie. Le déblocage d'une première tranche de 3,2 milliards d'euros a permis d'avancer, et la Suède aura été plus prompte que Paris à transformer l'essai, l'option Rafale étant depuis sortie des priorités affichées par Kiev.
Une exécution encore incertaine
Des pilotes et des équipes techniques ukrainiens suivent déjà une formation en Suède, ce qui doit réduire le délai avant la mise en œuvre opérationnelle. Le calendrier reste toutefois suspendu à la chaîne industrielle. Pour les Gripen E, Saab s'appuie sur son partenaire brésilien Embraer, dont la production demeure prioritairement affectée à l'armée de l'air nationale. La transition vers une capacité pleinement opérationnelle dépendra donc de l'exécution contractuelle et du maintien des cursus de formation. L'accord prévoit aussi une coopération sur les drones et la défense antimissile balistique, comme l'a relayé la presse aéronautique (AviaNews).

